mercredi 8 octobre 2008

LE "PHENOMENE" DE RESILIENCE

Le malheur des autres nous fait peur. Pourquoi ? Nous réagissons souvent par des formules qui nous protègent de la souffrance des autres. "Il y en a qui ont connu pire", "tu n'as pas connu la guerre", "c'est fini, il faut tourner la page". Des phrases qui coupent la main que l'on essaie de tendre vers l'autre. Le plus souvent dans sa propre famille.
Que reste-t-il à l'autre, celui ou celle qui se défend tout seul, celui ou celle qui souffre ?
On parle souvent de résilience, terme qui nous vient des Etats-Unis, comme d'habitude... Qu'est-ce que la résilience ? Le fait d'avoir la capacité de rebondir lors d'un traumatisme violent et de pouvoir non seulement y survivre mais également se construire une vie "acceptable", plus, si affinités... En physique, la résilience, c'est l'aptitude à un corps de résister à la pression et de retrouver sa forme initiale.
Quand on vécu des traumatismes comme le viol ou l'inceste, la violence, je vois mal comment on pourrait reprendre sa "forme" initiale...
La capacité à se reconstruire, même si elle dépend en majeure partie de la personne qui subit un traumatisme, peut comporter certains" facteurs" inducteurs de sa reconstruction. C'est la combinaison de tous ces facteurs qui aidera la personne victime de ces traumatismes. Il suffit de peu, de la part de l'entourage, pour apporter sa contribution à la reconstruction de cet être. La victime n'aura pas forcément besoin d'un cocooning profond, qui, le plus souvent, pourrait la faire fuir ou la pousser à se renfermer plus encore. Ou pire, renoncer à se battre !
Ce qui est important, c'est que cette personne reprenne en confiance en elle, qu'elle se batte.
Il existe différents moyens de se battre. Il n'est pas utile de remuer les bras dans tous les sens, mais savoir contre quoi ou qui se battre. Se préserver, dans tous les cas. Les prédateurs sont nombreux. Même si on peut parler de différents degrés de traumatisme, il faut savoir que chaque traumatisme est "unique" et donc a une valeur personnelle auprès de chaque personne, d'où l'importance de ne pas minimiser le vécu de la personne, mais ne pas la magnifier non plus.
Sommes-nous tous égaux devant la vie et la résilience ?
Hélas non. Il faut savoir que notre capital bonheur se construit dès la naissance et les rapports que l'on peut avoir avec ses parents... Parents qu'il ne faut pas culpabiliser, là n'est pas mon but...
Un bébé dont les parents ne s'entendent pas, qui ont également un passif très lourd, aura déjà dès le départ une lacune.
Cependant, rien n'est imparable dans la vie. Mais cela dépend de tant de circonstances de la vie, du caractère de la personne et de son entourage qu'il ne faut pas non plus porter le glaive de la résilience sur la victime !
A contrario, il ne faut donc pas non plus reposer tout sur la résilience comme un remède miracle, et qui, si l'on n'y prête garde, peut amener à se "décharger" ainsi de tout autre modèle de thérapie.
Je vous invite à lire quatre articles à ce sujet, n'oubliez pas qu'il y a toujours les défenseurs et les opposants à une théorie. (cliquer sur les noms pour lire l'article)
- Sur Doctissimo, un dossier peu complet
- Un article de Daniel Lambert, un tout petit peu plus complet
- Un article de l'Express sur Boris Cyrulnik, incontournable, quand on parle de résilience...
- Un article sur un ouvrage de Serge Tisseron, directeur des recherches à l'Université Paris X Nanterre, qui attire l'attention sur le danger de l'idéalisation de la résilience.

C'est avec un certain détachement que j'essaie d'aborder ce thème. La résilience, je l'ai connue, elle a ses limites, comme je le cite plus haut, dans le fait qu'un environnement déjà hostile, à ma naissance, a déjà limité mes capacités à reconstruire. Dans le cas de l'inceste, il est d'autant plus difficile de construire, d'autant plus que l'on n'a pas connu d'exemple, de couple, en l'occurrence. Je n'ai jamais réussi à construire un couple dit "normal", n'ayant pas connu la normalité. Je n'arrive même pas à m'y faire, d'ailleurs. Ce qu'il est important de savoir aussi, c'est que souvent, la victime a tendance à reproduire le passé.
Il est difficile d'accepter le bonheur, de le vivre, de s'aimer. Tellement difficile. Personne ne peut le faire à la place de personne. Mais ça fait du bien quand vous me faites sentir que vous êtes là.
Venez "résilier" avec moi !

Et hop !

8 commentaires:

tanette a dit…

Vaste débat que ton article du jour..Effectivement chacun est unique et doit vivre des expériences plus ou moins difficiles...tout le monde n'a pas la capacité de "résilier" et tous ne trouvent pas le "soutien" espéré dans notre monde de plus en plus individualiste...Heureusement quelques mains se tendent...parfois...même au travers des blogs.. n'est-ce pas ?

gballand a dit…

Intéressant votre article. Juste une observation : vivre en couple n'est pas une "obligation" - ce n'est qu'une norme - le couple n'est-il pas la rencontre de deux "névroses"? Reste à savoir si elles sont complémentaires...

Fleurdeblog a dit…

Oui, Tanette. Heureusement.
J'adore le hasard des rencontres, sur Internet, et puis en "réel", cela fait grandir, et découvrir un monde dont je m'étais coupée.

Fleurdeblog a dit…

Vivre en couple, être avec quelqu'un, ce n'est pas une obligation, certes, ce n'est pas le but ultime de ma vie ! Mais j'avoue que ce serait fort agréable. Même si tout n'est pas rose, partager, regarder ensemble vers une même direction, avec des bagages différents, des points de vue différents, c'est une des richesses auxquelles j'aspire. Cela n'arrivera pas forcément. Mais qui sait ? Pourquoi, être en couple, ce serait forcément l'addition de 2 névroses ???

Fay a dit…

Oui, pour pouvoir résilier il faut un soutien. On y arrive pas tout seul ! Il faut aussi savoir attraper les mains qui se tendent, je suis d'accord avec Tanette. Et je rejoins gballand aussi la vie de couple n'est pas toujours la panacée ! Et puis qu'est ce qu'un couple "normal" ? Moi qui suis arrivée à sauver le mien de quelques naufrages, je suis toujours admirative et même envieuse des copines qui ont choisit la liberté de vivre seules, même si c'est parfois difficile...
Florence on peut être plusieurs et pas seulement deux à regarder ensemble dans la même direction..
Bises

Fleurdeblog a dit…

Ma belle, on peut y arriver toute seule, un certain temps... Quand j'avais 11/12 ans, j'étais toute seule... J'aurais pu dériver bien plus grave, ce que je n'ai pas fait. Quelque part, dans n'importe lequel de mes malheurs, j'ai toujours eu une "bonne" étoile qui m'a préservée du pire. Ma puce, je le sais bien qu'aucun couple n'est parfait, Aragon le chantait si bien ! Je ne savais pas que tout n'était pas rose pour toi mais ce que je vois de toi, c'est que tu es une de ces femmes merveilleuses, si pleine de vie et d'enthousiasme, et de courage. Je t'admire, tu sais ! et toi tu admires les femmes qui ont le courage de partir. Laquelle de ces femmes est la plus courageuse ? Chacune est courageuse à sa manière. Tout ce que je sais, c'est que je suis heureuse de te connaitre.

Oui, on peut être plusieurs à regarder dans la même direction. Car cette phrase décrit aussi l'amitié. Et l'amitié est merveilleuse quand elle est vraie.

Je t'embrasse avec la tendresse d'une amie, ce que je souhaite être pour toi. Mes pensées t'accompagnent. Douce journée...

Anonyme a dit…

Je tombe sur ce blog par hasard, enfin, non je fais une recherche sur ce mécanisme de résilience...
Je trouve ton article exceptionnel et je me retrouve là dedans.
J'ai eu du mal à relever la tête.
J'ai aussi eu des expériences désastreuses au niveau sentimental mais aujourd'hui j'ai trouvé quelqu'un de parfait, qui m'apporte ce dont j'ai besoin et qui me soutient.

Je souhaite des rencontres comme la mienne à tout le monde.

Fleurdeblog a dit…

Je vous remercie "Anonyme", je suis heureuse que vous ayez trouvé le bonheur. Un jour, je l'espère, je le trouverai également.....