vendredi 1 août 2008

OPALINE

Avoir, dans mon regard, les monts qui s'entrechoquent aux vallées, et créent l'écho... Des rumeurs, il n'en reste qu'un souffle lascif au dessus des masures longeant les côtes escarpées.
Une vague brume qu'il serait facile de prendre pour un filet de pêcheur, largement tendu au-dessus des villes.
Etre là haut, là où le regard se porte sur l'infini, où l'horizon caresse vos yeux et la brise un peu têtue effleure votre visage rêveur.
Etre là haut, presqu'au plus haut des plus hautes cimes, moins frivoles que leurs pâles mîmes dans des cités aux dimensions inhumaines.
Tout avoir et ne rien posséder. L'inconcevable demeure une éternité, à l'orée des meilleures Orphées.
Je penche légèrement la tête afin d'avoir une autre vision. Une vue différente de celles que l'on m'a apprises, dont certaines s'accrochent, démesurément, et d'autres auxquelles je m'agrippe, inutilement.
Comme des mains au devant d'un navire, quand augmente la vitesse ou le tempérament de la mer, je garde ces mains accrochées aux vielles des mauvais rêves...
Mais l'horizon est toujours différent !
Imaginez !
Transportés par un rebondissement de lignes en courbes plus longues, plus entrainantes, presque grisantes.
Votre coeur qui bat de même, s'emportant toujours plus. Encore et encore.
Vos mains sur le portant d'une vie déjà dessinée, vers laquelle on vous pousse.
Imaginez !
Et hop !
Vous lâchez cette vieille guimbarde. Ouf, vous lâchez tout !
Vous avez peur. Vous frémissez, êtes presque tentés de fermer les yeux. Tout ce que vous avez cru pouvoir posséder, vous le lâchez !
A force de trop fermer les bras, on finit par étouffer.
J'ai l'impression d'être sur ce navire, et plein de gros cargos me poursuivent.
Tous ces bateaux connaissent leur chemin. A force de creuser des sillons dans la mer, ils croient que la mer se souvient d'eux. Les sillons demeurent, fadissent, se gonflent et se déforment.
Et les sillons reviennent à la mer.

Pourquoi attendre ?

Et hop ! Lâcher prise sur ce qui n'a que trop d'emprise.
Imaginez !

Sur le devant du navire qui continue d'avancer... S'apercevoir soudain qu'on a le pied marin.
Regarder l'horizon. Chanter sa chanson.
Et sourire.
Sur la plus haute des cimes, sur quelque mer déchaînée, quel que soit l'environnement, hostile ou gracile, c'est ce que nous savons être juste -car avant la connaissance des autres, c'est notre propre demeure que nous devons habiter- qui nous "tient".
Simples voyageurs des temps, nous traversons la vie en nomades.
Avoir, pour ne rien posséder.
Souvent, je tourne la tête dans tous les sens. Chercher. Désespérément. Alors que tout est en moi.

Et, pencher la tête, sur ton épaule, car avec tes yeux, je vois différemment.

Florence

5 commentaires:

Cristina a dit…

Passe une exellente soirée sur son épaule...bisous

Yvon a dit…

Superbe texte.
Bravo.
Bon week-end et bisous.
Yvon.

Fleurdeblog a dit…

Merci, J'ai passé une bonne journée aujourd'hui. Je prépare les photos.
Bises

Goellia a dit…

Très beau texte chez toi.......Et beaucoup de bien-être.......Gros bisous Flo

Fleurdeblog a dit…

Lâcher, un peu comme dans le Titanic, la barre du bateau et hop prendre la vie à pleins bras !!!
mais pas de Caprio derrière moi...
et heureusement, plus de Titanic non plus lol !!!